Il faut rappeler que le village de Cuvat est construit sur le flanc est d’une montagne qui s’appelle La Mandallaz, respectueusement surnommée « LA MONTAGNE ». Son point culminant est à 929 mètres, et curieusement ce point ne se situe pas au niveau de la tête de la Mandallaz, au dessus de la zone commerciale d’Epagny, mais au niveau de Cuvat. Couverte de bois, elle est un véritable poumon vert pour les communes limitrophes et également pour l’agglomération d’Annecy. Elle s’étend sur 5 communes : La Balme de Sillingy, pour la plus grosse partie, Choisy, Epagny, Pringy et Cuvat. Nous voulons, au travers de ce dossier, lui rendre hommage, pour son histoire riche et le plaisir qu’elle procure aux promeneurs, chasseurs, ramasseurs de champignons et autres sportifs.
Qui remarquerait la Mandallaz, si la grande faille sur laquelle s’est installé le lac d’Annecy ne l’avait pas tranchée net, par l’enfoncement de la partie sud qui constitue aujourd’hui la montagne d’Age au niveau de Poisy.
La grotte de Lesvaux découverte en 1977 est d’une longueur de 700 mètres. L’importance de cette découverte réside surtout sur la mise à jour de squelettes du Néolithique (environ entre 3000 et 2300 ans avant JC).
La grotte du Maquis servit d’abri aux résistants de la région durant la seconde guerre mondiale. Elle se situe au lieu-dit « sur les Fartos ». Une quarantaine de maquisards du groupe MEGEVAND, dit Pan Pan s’entraînèrent au maniement des armes et effectuèrent des coups de mains.
La grotte du Curé est située à proximité de la grotte du Maquis.
Il y a longtemps que la montagne est parcourue par l’homme, au sommet de la Mandallaz au lieu dit « la tête » se dressait, il y a plus de 2200 ans un village fortifié appelé « oppidum » qui permettait aux habitants de l’époque (les Allobroges) de se réfugier dans un lieu facile à défendre. Plusieurs fortifications exploitaient la configuration naturelle du terrain et pouvaient être importantes, la largeur du mur d’enceinte atteignait par endroit 12 mètres. A leur arrivée vers 120 avant JC, les Romains ont détruit ces fortifications, symboles de résistance. A noter que d’autres oppidums existaient sur Allonzier, au niveau du Crêt à la Dame et de Néplier.
L’histoire des mines de Cuvat s’étale sur plusieurs siècles. Le nom de Ferrières qui évoque clairement son activité minière apparaît sur la mappe Sarde de 1730. On sait également que le fer était travaillé au moulin entre Proméry et Pringy, en pleine activité jusqu’en 1800, puis en déclin dans la 2ème moitié du 19ème siècle pour finalement fermer en 1905. Certaines galeries sont encore visibles aujourd’hui dans la Mandallaz. Certains noms de voies témoignent de l’ancienne activité : chemin de la Ramesse (la ramesse désigne le traîneau sur lequel le sac de minerai de fer était traîné dans la descente).
L’exploitation à Cuvat se trouvait sur le versant oriental de la montagne de la Mandallaz, près du hameau des Lavorels.
Le minerai terreux ou cloisonné qui remplissait les fissures était exploité à la pioche, au sol et au plafond des galeries. Il était conduit ensuite jusqu’à un puits avec des brouettes et extrait dans des bennes à l’aide d’un treuil. Le minerai était ensuite conduit à l’usine de Cran distante de 14 km.
L’exploitation était faite par les paysans de Cuvat et de Ferrières qui travaillaient par petites associations indépendantes les unes des autres. En 1862, il y avait une vingtaine d’ouvriers travaillant pendant l’intervalle que leur laissaient leurs exploitations rurales. A l’usine, on payait la tonne de minerai (une douzaine de bennes) de 13 à 15 Francs de l’époque et on fournissait les cordes, les bennes, les outils et le bois d’étayage. Tout le reste, y compris les travaux préparatoires et le transport, restait à la charge des ouvriers mineurs, qui payaient aux voituriers de 5 à 6 Francs par douzaine de bennes. En 1862, alors que l’activité était déjà en baisse, Cuvat avait envoyé à Cran 2500 quintaux métriques et Cruseilles cinquante.
La forêt est exploitée depuis de longs siècles pour le bois de chauffage et les menus produits utiles dans une économie de subsistance, fagots, litières de feuilles, glands et baies. Aujourd’hui cette exploitation a bien baissé et la quantité de bois morts penchés ou couchés fait souvent penser à un abandon. La tempête de décembre 1999 a accentué cette impression. Les champignons sont nombreux, bolets et autres chanterelles attirent de nombreux ramasseurs pendant ces périodes. La chasse est importante, plus de 150 chasseurs sont inscrits dans les différentes associations de chasse, dont une quinzaine à Cuvat. Leur rôle est important car ils participent à l’entretien des lieux et de la faune sauvage. Ils amènent également une présence dans la Montagne, et leur connaissance du terrain est infaillible.
La commune de Cuvat est propriétaire d’un bois dans le massif de la Mandallaz, sur le territoire de la commune de La Balme De Sillingy. Ce bois, qui contient essentiellement du bois de chauffage, était anciennement réservé aux besoins du prêtre et de l’église. Chaque année, les paroissiens s’organisaient pour le couper et le transporter au chef lieu avec des bœufs ou chevaux. Ensuite, ils le sciaient, et le rangeaient dans un local à proximité du Presbytère, local qui aujourd’hui n’existe plus. Avec l’évolution du mode de chauffage, ce bénévolat s’arrêta vers les années 1960. Voilà d’où provient le nom « Bois du Curé », et ce nom subsiste aujourd’hui surtout par les anciens et les chasseurs pour qui ce lieu est un repère dans la Mandallaz.
Malgré la proximité d’Annecy, la Mandallaz n’est pas très fréquentée. Peut être une crainte de se perdre dans ces chemins qui se croisent et s’entrecroisent. Ce risque est limité puisqu’il y a un versant sur Choisy et l’autre sur Cuvat. Même si la rencontre est rare, c’est avec toujours beaucoup de bonne humeur que chasseurs, ramasseurs de champignons ou autres sportifs se saluent et évoquent la chasse du jour ou la difficulté de la montée en VTT.
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