
L’histoire de la commune de Cuvat est étroitement liée à l’exploitation minière. Pendant plusieurs siècles, les habitants de la région se sont consacrés à l’exploitation des gisements de fer, considérés comme parmi les plus prometteurs de cette partie de la Haute-Savoie. Aujourd’hui, seules quelques traces du passé rappellent l’existence de ces mines, qui ont pourtant joué un rôle important dans l’économie régionale.
Les mines de fer étaient situées sur le versant est du mont Mandallaz, non loin du village de Lavorel. En raison des particularités du gisement, l’extraction s’effectuait à la main, et ce travail exigeait une excellente condition physique ainsi qu’une bonne maîtrise des techniques minières. Pour les habitants de Cuvat et de la ville voisine de Ferrière, l’extraction du minerai est devenue une source de revenus supplémentaire, qui venait s’ajouter à l’agriculture traditionnelle.
Des documents historiques attestent que plusieurs variétés de minerai de fer étaient présentes sur le territoire de la Haute-Savoie. Elles se distinguaient par leur origine, leur composition chimique et leurs conditions de formation. Les plus connues étaient :
Ce sont les minerais argileux hydratés qui étaient les plus répandus. On les trouvait principalement sur des territoires constitués de roches jurassiques et crétacées. Parmi ces régions figuraient la Savoie, la Genève, les Fosini, Chablais et une partie du Tarentaise.
La région de Cuvat occupait une place particulière parmi ces gisements; avec Ferrière, elle était considérée comme l’un des centres d’exploitation les plus prometteurs.

C’est précisément dans la région de Cuvat et de Ferrière que l’exploitation du minerai de fer était la plus rentable. Par rapport à la localité voisine de Cruyze, les volumes d’extraction y étaient nettement supérieurs. Les travaux étaient menés sur le versant est du mont Mandallaz. C’est précisément là, dans les fissures naturelles de la roche, que se trouvaient des gisements de minerai de fer terreux, aptes à être transformés.
Grâce à l’emplacement idéal du gisement, l’exploitation s’est poursuivie pendant une longue période et a approvisionné en matières premières l’industrie métallurgique de la région.
L’organisation de l’exploitation minière constituait une particularité des mines de Cuvat. Contrairement aux grandes entreprises industrielles, c’étaient les habitants de Cuvat et de Ferrière eux-mêmes qui se chargeaient de l’exploitation du gisement. Ils se regroupaient en petits groupes indépendants, chacun étant responsable de l’ensemble du cycle de travail. Ces groupements s’occupaient de la préparation des mines, du creusement de nouvelles galeries, de l’extraction du minerai, de son tri et de son acheminement vers le site de traitement.
Ce système permettait aux habitants des campagnes de concilier l’exploitation minière avec le travail de leurs propres terres. Les travaux dans les mines étaient principalement effectués lorsque les obligations agricoles prenaient moins de temps. En 1862, une vingtaine de personnes travaillaient sur le gisement.

Après son extraction, le minerai de fer subissait un nettoyage préliminaire. Il était ensuite transporté vers l’usine métallurgique de Kran, située à environ quatorze kilomètres du gisement. Le transport incombait entièrement aux mineurs eux-mêmes. Pour cela, on faisait appel à des charretiers, qui recevaient une rémunération distincte.
L’usine réceptionnait la matière première et payait chaque tonne de minerai au prix fixé. Parallèlement, l’entreprise fournissait aux mineurs l’huile pour les équipements, les cordages, les wagonnets, les outils et le bois nécessaires au renforcement des galeries souterraines. Toutes les autres dépenses – de la préparation des nouvelles mines au transport de la matière première – étaient prises en charge par les ouvriers eux-mêmes.
En 1862, l’activité industrielle était déjà en déclin progressif. À cette époque, les mines de Cuvat continuaient toutefois à jouer un rôle important. En un an, environ 2 500 quintaux métriques de minerai de fer furent expédiés vers l’usine de Kran, tandis que les volumes d’extraction à Kryuzey ne s’élevaient qu’à une cinquantaine de quintaux.
Ces chiffres montrent à quel point le gisement de Cuvat restait important, même au stade du déclin progressif de l’exploitation. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, le développement de l’industrie et l’évolution des technologies ont progressivement rendu les petits gisements moins compétitifs.
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